La troisième cohorte de l’Initiative présidentielle pour la production agricole et l’autosuffisance alimentaire (IP-P3A) achève sa formation. La cérémonie officielle de sortie est prévue ce vendredi 05 juin 2026 à l’École nationale de formation agricole de Matourkou (ENAFA), à Bobo-Dioulasso, a constaté ici1fo.com sur place.
Avec cette nouvelle promotion de 3 000 jeunes, le programme atteint désormais son premier objectif : former 8 000 jeunes issus des différentes communes du Burkina Faso aux métiers de l’entrepreneuriat agricole.
Lancée en mars 2025, l’IP-P3A vise à renforcer la production nationale tout en créant des opportunités d’insertion économique pour la jeunesse. Les bénéficiaires, âgés de 18 à 40 ans, ont suivi une formation portant notamment sur les techniques modernes de production agricole, l’entrepreneuriat, l’agriculture durable ainsi que les notions de civisme et d’engagement citoyen.
Trois cohortes, un objectif atteint : la formation de 8 000 jeunes est terminée
3ieme cohorte des entrepreneurs agricoles
Avec cette troisième cohorte de 3 000 jeunes, l’IP-P3A a achevé la phase de formation de ses 8 000 bénéficiaires. Un objectif assigné dès le lancement du programme et tenu dans les délais. La formation dispensée dans plusieurs centres publics et privés n’était pas une formation agricole classique.
Elle a combiné quatre dimensions complémentaires : les techniques modernes de production, l’entrepreneuriat agricole, l’agriculture durable et, singularité de ce programme, le patriotisme et le civisme. Ces jeunes ne sont pas seulement formés pour produire. Ils sont formés pour comprendre que leur engagement dans les champs est aussi un engagement pour leur pays.
Dans cet esprit, ils ont été désignés sous l’appellation de « VEP agricoles » (Volontaires pour l’Engagement Patriotique) une dénomination qui dit clairement la nature de leur mission : une mobilisation citoyenne autant qu’économique.
Sur le terrain : 335 coopératives, 4 335 hectares et des forages en cours
Cérémonie de sortie de la 3e cohorte de l’IP-P3A à l’ENAFA de Matroukou, Bobo-Dioulasso, 5 juin 2026, remise d’intrants et de matériel agricole
La formation n’est qu’une étape. Ce qui compte, c’est l’installation. Et sur ce front, les chiffres témoignent d’une dynamique réelle, même si des défis subsistent.
À ce jour, 335 groupes issus des trois cohortes sont en cours de formalisation en coopératives agricoles. Structure juridique qui leur permettra d’accéder aux financements, aux marchés et aux appuis institutionnels.
4 335 hectares ont été mobilisés dans plusieurs communes du pays pour accueillir ces nouvelles exploitations. Sur cette superficie, plus de 1 000 hectares ont déjà été aménagés, nivelés, défrichés, rendus cultivables et plusieurs forages sont en cours de réalisation pour faciliter les cultures de contre-saison.
La situation n’est pas parfaite partout. Seize communes ne disposent pas encore de sites définitifs pour accueillir leurs groupes. Les recherches se poursuivent activement avec l’appui des autorités administratives, coutumières et locales. Ce point de vigilance mérite d’être suivi, car aucun des 8 000 jeunes formés ne doit rester sans terre où s’installer.
Des kits agricoles complets pour démarrer sans attendre
Cérémonie de sortie de la 3e cohorte de l’IP-P3A à l’ENAFA de Matroukou, Bobo-Dioulasso, 5 juin 2026, remise d’intrants et de matériel agricole
Pour que l’installation soit immédiatement productive, l’IP-P3A a prévu un accompagnement matériel conséquent. Chacun des 335 groupes bénéficie d’un kit comprenant les intrants essentiels pour démarrer la campagne agricole en cours.
Les dotations sont précises et significatives : 127 569 kilogrammes de semences composées de maïs, riz, niébé, arachide et gombo ; 867 450 kilogrammes d’engrais NPK et urée ; 548 pulvérisateurs, 274 semoirs manuels, 548 haches et 335 cissiques.
À cela s’ajoute, pour chaque groupe, un aménagement de 10 hectares grillagés accompagné de deux forages destinés aux cultures de contre-saison.
Ces kits ne sont pas symboliques. Ils représentent un investissement concret de l’État dans la capacité productive de chaque groupe. Et une façon de s’assurer que la formation reçue se transforme rapidement en récoltes.
Les perspectives : tracteurs, motoculteurs solaires et modernisation agricole
Cérémonie de sortie de la 3e cohorte de l’IP-P3A à l’ENAFA de Matroukou, Bobo-Dioulasso, 5 juin 2026.
L’IP-P3A ne s’arrête pas aux kits de démarrage. La vision à moyen terme est celle d’une agriculture mécanisée et moderne, portée par des coopératives structurées et autonomes.
Dans les prochaines étapes, les coopératives agricoles bénéficieront, sous forme de prêts, de tracteurs complets et de motoculteurs solaires. Deux équipements qui permettront d’augmenter significativement les capacités de labour et de production, tout en réduisant la pénibilité du travail agricole.
Cette stratégie de montée en puissance progressive: formation, installation, équipement léger, puis mécanisation dessine la trajectoire d’une transformation agricole à l’échelle générationnelle.
8 000 formés, maintenant place aux résultats
Cérémonie de sortie de la 3e cohorte de l’IP-P3A à l’ENAFA de Matroukou, Bobo-Dioulasso, 5 juin 2026
La cérémonie de Matroukou marque une étape. Pas une fin. Former 8 000 jeunes à l’entrepreneuriat agricole est une performance administrative et pédagogique remarquable. Mais la vraie question sera posée dans six mois, dans un an, dans trois ans : combien de ces 8 000 jeunes produisent effectivement ? Combien de leurs coopératives sont rentables ? Combien de tonnes ont-ils sorti de la terre ?
Les responsables du programme l’ont dit aux bénéficiaires avec une franchise bienvenue : « Le chemin choisi est certes rempli de défis, mais chaque obstacle surmonté fera de vous de véritables entrepreneurs agricoles. »
Ira Korotimi à Ouagadougou pour ICI1FO






















