Trois jours après la nouvelle hausse des prix du carburant, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a reçu ce lundi 3 août 2026, les représentants des transporteurs et des consommateurs. Une rencontre surprise, décidée en urgence, qui a permis de calmer des acteurs au bord du débrayage et d'ouvrir la voie à de nouvelles concertations dès jeudi.
C'est dans son cabinet du 21e étage de l'immeuble Postel 2001, à Abidjan-Plateau, qu'Amadou Koné a reçu, ce lundi 3 août 2026 de 17h à 18h30, les responsables des faîtières du secteur des transports : Abdoulaye Sylla, de la Fédération nationale des syndicats des chauffeurs de Côte d'Ivoire ; Ben N'Faly Soumahoro, porte-parole de la faîtière des consommateurs (G7) ; Adama Touré, président de la coordination des gares routières ; et Ibrahim Diaby, président du Haut Conseil du patronat des entreprises du transport routier ivoirien.
Une rencontre qui a évité le pire
Selon les responsables présents, l'annonce de la hausse du carburant le 31 juillet 2026 avait pris de court les acteurs du secteur, sans concertation préalable. Une liste de doléances, déposée après une précédente augmentation, n'aurait été que partiellement prise en compte, alimentant un sentiment d'incompréhension. Certains transporteurs, excédés, envisageaient une grève générale ou une répercussion pure et simple de la hausse sur les tarifs du transport de personnes et de marchandises.
C'est dans ce climat tendu que la rencontre, organisée en urgence par le ministère, est intervenue. Les responsables syndicaux ont salué ce geste, tout en insistant sur la nécessité d'être associés en amont aux décisions qui touchent directement leur secteur.
Les principales revendications
Parmi les préoccupations exposées au ministre figurent :
--la suppression ou l'allègement des péages sur les axes de transport de marchandises ;
--la multiplication des barrages et points de contrôle jugés « anarchiques », notamment sur l'axe Abidjan-intérieur ;
--la lutte contre les fausses plaques d'immatriculation et les contrôles jugés abusifs ;
--l'accélération de la convention collective interprofessionnelle du secteur, en discussion depuis 2009 ;
--un mécanisme de soutien structurel, via un fonds de développement du transport mieux doté.
L'écoute et la pédagogie du ministre
Face à ces doléances, Amadou Koné a pris le temps d'expliquer les arbitrages du gouvernement. Il a rappelé que le président Alassane Ouattara avait choisi de maintenir les prix inchangés durant tout le mois de juillet, malgré la pression des cours internationaux, afin de préserver le pouvoir d'achat des populations. Selon lui, l'application stricte de la formule de fixation des prix aurait conduit à un litre de super avoisinant 1 200 F CFA et de gasoil autour de 900 F CFA , des niveaux que l'État a choisi d'amortir par la subvention.

Le ministre a insisté sur le caractère conjoncturel de la hausse : « Ça a augmenté pour un mois. On observe, on travaille pendant qu'on observe », a-t-il résumé, appelant les acteurs du secteur à ne pas répercuter automatiquement la hausse sur les usagers, dans un esprit de solidarité nationale.
Il a également annoncé la tenue d'une nouvelle réunion technique jeudi, afin d'affiner les propositions du secteur avant leur présentation en Conseil des ministres, ainsi que des rencontres à venir avec les chefs d'entreprises de transport structuré.
Le dialogue permanent, arme de la paix sociale
Au terme des échanges, les représentants des transporteurs et des consommateurs ont salué la disponibilité du ministre et la qualité du dialogue instauré depuis plusieurs années. Plusieurs intervenants ont rappelé que ce cadre de concertation avait déjà permis d'obtenir des avancées concrètes : suspension de certaines taxes, réduction du nombre de barrages routiers, délivrance facilitée des autorisations de transport ou encore renouvellement progressif du parc automobile.
En clôturant la rencontre, Amadou Koné a réaffirmé l'engagement du gouvernement à poursuivre les réformes de professionnalisation du secteur, seule solution durable selon lui pour concilier compétitivité du transport, sécurité routière et protection du pouvoir d'achat des Ivoiriens. Un nouveau round de discussions est fixé à jeudi.
Christ Yoann pour ICI1FO





















