Alors que la Coupe du Monde 2026 se déroule depuis le 11 juin aux États-Unis, au Mexique et au Canada, la Corée du Nord ferait de nouveau cavalier seul sur les droits de diffusion. Selon plusieurs messages relayés sur les réseaux sociaux,
Pyongyang aurait refusé de répondre aux sollicitations de la FIFA et retransmettrait l’intégralité des 104 rencontres gratuitement à sa population via la chaîne d’État KCTV.
Des captures de messages attribués aux médias nord-coréens justifient cette position par un principe politique : « C’est une compétition mondiale, vous n’avez pas le droit d’en rendre la vision payante ». Une rhétorique qui colle à la ligne officielle du régime, toujours hostile au modèle pay-per-view.
Ce scénario n’aurait rien d’inédit. Lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud, la Korean Central Broadcast Service avait déjà diffusé sans autorisation le match d’ouverture entre l’Afrique du Sud et le Mexique. SBS, détenteur des droits pour l’ensemble de la péninsule coréenne, avait dénoncé un « piratage » et réclamé des explications. Les négociations avaient alors échoué : Séoul proposait un signal payant, Pyongyang exigeait la gratuité totale, comme en 2006. Les tensions diplomatiques après le naufrage du corvette Cheonan avaient mis fin aux discussions.
Depuis, la Corée du Nord applique une censure systématique à tout ce qui touche à sa rivale du Sud. En 2010, les matchs des Taeguk Warriors n’avaient pas été diffusés. Plus récemment, en 2025, KCTV avait flouté le visage et le numéro de Lee Kang-in lors d’un match du PSG en Club World Cup, tout comme le drapeau sud-coréen.
Pour l’édition 2026, ici1fo.com apprend qu'aucune preuve visuelle ni communiqué officiel de la FIFA ne vient confirmer à ce jour la retransmission intégrale revendiquée par Pyongyang. Le pays reste l’un des plus hermétiques au monde et l’accès à l’information est quasi nul. Sollicitée, la FIFA n’a pas réagi officiellement. En 2010, l’instance avait simplement indiqué « discuter avec l’Union de radio-télévision Asie-Pacifique » pour trouver une solution.
Si la diffusion est avérée, la FIFA se retrouverait face à un dilemme. Sanctionner la Corée du Nord, déjà visée par de lourdes sanctions internationales, aurait peu d’effet. Fermer les yeux, comme en 2010, reviendrait à tolérer une violation des droits TV vendus à prix d’or aux diffuseurs officiels.
Ironie du calendrier : l’argument de la gratuité pour « le peuple » existe déjà légalement. Pour 2026, la RTS suisse et la RTBF belge diffusent l’intégralité des matchs en clair. En France, M6 propose 54 rencontres gratuitement, les 50 autres étant réservées aux abonnés beIN SPORTS.
Dans le reste du monde, les supporters ivoiriens suivent la compétition via les chaînes gratuites et payantes. Reste à savoir si Pyongyang ira jusqu’au bout de son bras de fer, ou si la FIFA parviendra cette fois à faire respecter ses droits.
Pierre le Blanc pour ICI1FO





















