À quelques encablures de Bamako, épicentre de la contestation de la présence militaire Française en Afrique, le M30 Naaba Wobgo, coalition de mouvements populistes se réclamant d’une prétendue idéologie souverainiste panafricaine, appelait le Samedi 30 Juillet 2022 au cours de son lancement à Ouagadougou, au rejet de l’hégémonie Française sur le continent, a constaté ICI1FO.COM sur place. La rhétorique fait recette. La parade la plus courte et la moins laborieuse pour se faire une place dans l’opinion publique Africaine aujourd’hui, c’est clairement de s’adonner à la surenchère populiste pour dénoncer un soi-disant néocolonialisme. Quand on a entre ses mains une opinion malléable, manipulable à souhait, pétri dans l’émotionnalisme, et incapable de sursaut salutaire, le cadre est tout trouvé. Partout en Afrique, au Mali, au Burkina Faso, au Sénégal, au Tchad, le moindre imbroglio sociopolitique est imputable à la France. La France, toujours la France. Sinon, le blanc, encore et encore le blanc. On accuse toujours l’autre de tout. On n’est jamais coupable de rien. Pendant ce temps, les manipulateurs actifs dans la propagande anti-Française ou anti-colonialiste, ont trouvé un nouveau créneau d’ascension sociale. Un fonds de commerce auquel l’on associe abusivement d’ailleurs des figures politiques controversées dont le héroïsme ne repose que sur des mythes entretenus par la légende. Au final, que vise-t-on à travers ces campagnes de pollution de l’opinion, qui jettent des milliers de personnes dans les rues, inconscientes qu’elles sont des contours réels de la tragédie qui se fomente en dessous de ces dérives populistes ? Le complot est subtil. Les armées de la sous-région profondément corrompues, mal équipées et mal formées, se sont montrées incapables d’opposer une stratégie efficace de riposte contre les groupes armés terroristes ou séparatistes qui au lendemain de la guerre civile Libyenne, ont laissé exploser leur hargne militante en fonction des causes qu’ils défendent, qu’il s’agisse de velléités sécessionnistes ou islamistes. L’exemple du Mali broyée par la poussée irrésistible des mouvements armées sécessionnistes de l’Azawad, fusionnés aux djihadistes en 2012, témoigne bien de ces impérities. N’eût été l’intervention ultime de l’armée Française basée à Abidjan, l’ex Soudan Français serait sans doute retourné à une ère rétrograde depuis belle lurette. Idem pour le Burkina Faso où sans l’appui infaillible des partenaires internationaux, l’essentiel du territoire serait probablement sous le contrôle des hordes terroristes. Dire que la présence militaire Française n’a rien apporté, en plus d’être une preuve d’ingratitude, révèle une facette moins soupçonnée de l’iceberg. Certes, Barkhane, Takuba ou encore la MINUSMA n’ont permis à aucun des pays directement affectés par le phénomène djihadiste de recouvrer l’intégrité de son territoire, mais la responsabilité des armées et des gouvernements locaux est tout aussi à mettre en cause dans le bilan mitigé engrangé après près d’une décennie de coopération anti-terroriste. À ce niveau, la seule réponse qu’on sert aux populaces enfarinées dans les fadaises des chantres populistes, c’est que l’autre a démérité. Sans même avoir le minimum de décence pour faire l’effort de se prêter à un diagnostic endogène. Autrement dit, si l’on est en difficulté, l’autre, lui, le blanc doit ou se doit systématiquement de se ruer à notre rescousse, tout en assumant l’entièreté de la responsabilité de l’échec ou de la réussite des objectifs. Quid des errements des gouvernements nationaux ! Quelques mois après le début du retrait des troupes Françaises et Européennes du théâtre des opérations au Mali, le constat est pathétique. Même Bamako préservé depuis 2012, n’est plus hors d’atteinte des djihadistes. En moins de deux semaines, du 15 au 27 Juillet, plusieurs attaques djihadistes, dont certaines d’envergure à l’instar de celles de Kalumba et de Sokolo, le 27 Juillet, ont fait près d’une vingtaine de morts. Même Kati qui se trouve être le cœur du pouvoir Malien, n’a pas été épargné lors d’un violent assaut du JNIM, le groupe de soutien aux musulmans, branche d’Al-Qaïda, le 25 Juillet dernier. Pourtant, les nouveaux sauveurs venus de Moscou étaient là. Pourtant, les coupables désignés du chaos, les soldats Français ont pertinemment minimisé leur engagement sur le front, laissant le loisir aux mercenaires Russes de Wagner de dérouler leur savoir-faire en matière de lutte anti-djihadiste. Si ni les armées locales, ni les mercenaires Russes visiblement beaucoup plus compétents dans les exactions comme le pointait un rapport de Human Rights Watch (HRW) d’Avril dernier sur des faits commis à Moura dans le centre du Mali, ne sont capables d’assumer valablement la défense des territoires, quel est donc l’intérêt d’une campagne dirigée contre la présence des troupes Européennes dans le Sahel ? À ce stade, les motivations des agitateurs anti-néocolonialistes méritent d’être interrogées… Car, si débarrasser le Sahel des forces Européennes, revient à rendre fébrile les systèmes de défense des pays inquiétés, aucune thèse n’est à écarter. Ira Korotimi pour ICI1FO
Afrique
Sahel : Départ des troupes Européennes, à qui profite le crime ?
À quelques encablures de Bamako, épicentre de la contestation de la présence militaire Française en Afrique, le M30 Naaba Wobgo, coalition de mouvements populistes se réclamant d’une prétendue idéologie souverainiste panafricaine, appelait le Samedi 30 Juillet 2022 au cours de son lancement à Ouagad
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4 août 2022· 4 min· 1 474
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