Le 14 mai 2027, Emmanuel Macron fermera la porte de l'Élysée. Pour de bon. Élu une première fois en 2017, puis réélu en 2022, le président français ne pourra pas se représenter. L'article 6 de la Constitution et la révision de 2008 bloquent tout 3e mandat consécutif.

Le calendrier est déjà fixé : 1er tour le 18 avril 2027, 2e tour le 2 mai. La passation de pouvoirs aura lieu deux semaines plus tard. Et pendant que Paris prépare l'après-Macron, ici1fo.com note que Bamako, Ouagadougou et Niamey observent. Car une question revient avec insistance : quelle sera la politique du prochain président français envers l'Afrique, et plus particulièrement envers l'Alliance des États du Sahel ?

En 7 ans, le fossé s'est considérablement creusé. Sous le mandat Macron, les relations entre la France et les trois pays de l'AES à savoir Burkina Faso, Mali et Niger se sont effondrées. Les juntes au pouvoir ont demandé le départ des soldats français, dénoncé les accords de défense signés avec Paris et revendiqué une souveraineté totale. La rupture diplomatique a été consommée.

En face, la France a changé de doctrine. Fin de Barkhane et de Takuba. Fermeture de bases. Réduction drastique de la présence militaire. Place à un discours de "partenariat renouvelé", mais avec beaucoup moins d'influence sur le terrain sahélien. Résultat : Paris et l'AES ne se parlent presque plus.

L'élection présidentielle de 2027 pourrait donc ouvrir une nouvelle page. Ou tourner définitivement la page. Selon le profil du vainqueur, deux trajectoires se dessinent. La première serait celle de la réconciliation : un président pragmatique qui décide de renouer le dialogue. Sans retour des militaires. En misant sur l'économie, l'éducation, la culture, la sécurité via des formats multilatéraux. L'objectif : reconstruire une relation d'égal à égal.

La seconde serait celle de la fermeté : un président qui assume la rupture. Il choisirait de concentrer les moyens français sur les pays partenaires en Afrique de l'Ouest, centrale et au Maghreb, et laisserait l'AES à ses nouveaux alliés.

Pour l'instant, impossible de savoir. La future politique africaine dépendra du vainqueur, de son programme, de son gouvernement, et de l'évolution du Sahel d'ici là. Une chose est certaine : les décisions de Paris ont des effets directs sur le continent. Sécurité aux frontières, investissements, coopération universitaire, visas, franc CFA, migrations. La France reste un acteur majeur pour de nombreux pays africains.

C'est pourquoi l'élection de 2027 sera scrutée minute par minute en Afrique. Elle décidera de la tonalité des relations entre la France et le continent pour les 5 prochaines années.

L'ère Macron s'achève. Après lui, la France choisira-t-elle de sauver les ponts avec l'AES, ou de les brûler définitivement ?

Pierre le Blanc pour ICI1FO