L’audience correctionnelle qui se tient ce mercredi 1er juillet 2026 au Tribunal de grande instance de Ouaga II continue de livrer son lot de révélations. Parmi les 22 personnes poursuivies pour des faits présumés de prostitution par racolage, proxénétisme, vente de produits illicites et blanchiment de capitaux, le témoignage d’une commerçante reconvertie dans la prostitution pour faire face à ses dettes a particulièrement retenu l’attention.

À la barre, ici1fo.com apprend que la prévenue explique qu’elle exerçait le commerce lorsqu’elle a contracté un prêt bancaire de deux millions de francs CFA. Mais les difficultés financières s’accumulent, les affaires tournent mal et la banque exige le remboursement. Acculée, elle affirme avoir choisi la prostitution comme ultime recours, assurant qu’elle ignorait que cette pratique était interdite au Burkina Faso.

Pendant environ six mois, elle dit avoir reçu ses clients dans des hôtels, à raison de trois à quatre rendez-vous certains jours, pour des prestations facturées entre 5 000 et 10 000 F CFA. Les revenus, variables selon la clientèle, lui auraient permis de rembourser près de 800 000 F CFA de son emprunt, tout en assurant les besoins quotidiens de sa mère et de son enfant.

Face aux questions du procureur sur la rentabilité de cette activité, la prévenue reconnaît avoir volontairement mis ses convictions de côté. Son seul objectif, confie-t-elle, était de sortir de l’impasse financière dans laquelle elle se trouvait.

Interrogée sur son avenir, elle assure vouloir tourner cette page et se lancer dans le tatouage si elle retrouve la liberté. Elle admet également avoir publié ses photos et vidéos, accompagnées de son numéro de téléphone, dans plusieurs groupes WhatsApp afin d’entrer en contact avec des clients.

Pour rappel, cette affaire concerne 22 prévenus poursuivis notamment pour prostitution en ligne, proxénétisme et blanchiment de capitaux. L’enquête, ouverte à la suite d’un signalement du commissariat de police de l’arrondissement n°5, a mis en évidence l’utilisation de groupes WhatsApp ainsi que d’un restaurant comme présumés moyens de commission des infractions.

Les débats se poursuivent devant le tribunal correctionnel de Ouaga II.

Ira Korotimi à Ouagadougou pour ICI1FO