Côte d’Ivoire : Présidentielle 2025, selon Affi N’Guessan, « Alassane Ouattara doit se retirer pour que la Côte d’Ivoire respire »

Affi N'Guessan (image ICI1FO)
Visiteurs: 2779

Infos à la une

Dernières Infos

Commentaire

Visiteurs: 2779

À cinq mois d’une élection présidentielle décisive, l’opposition ivoirienne hausse le ton. Pascal Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) et figure de premier plan de la scène politique, a dénoncé dans une interview exclusive à La Dépêche Diplomatique Afrique ce qu’il qualifie de « violation flagrante » de la Constitution par le président sortant Alassane Ouattara, tout en appelant à une alternance politique véritable.

L’ambiguïté demeure à Abidjan. Alors que le président Alassane Ouattara maintient le suspense sur une éventuelle candidature à un quatrième mandat en octobre 2025, la tension politique remonte. Dans une déclaration sans concession, Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre et chef de file du Front populaire ivoirien (FPI), a tiré la sonnette d’alarme. Pour lui, un nouveau mandat d’Ouattara serait non seulement illégitime, mais constituerait également une dérive grave pour la démocratie ivoirienne.

« Avoir violé la Constitution une première fois ne donne pas le droit de la violer à nouveau », a-t-il affirmé d’un ton ferme.

Selon Affi N’Guessan, la Constitution ivoirienne est explicite : nul ne peut diriger le pays au-delà de dix années cumulées. Il estime donc que le président actuel se maintient au pouvoir « contre la Constitution », qualifiant son mandat de « mandat illégal ». Cette déclaration, lourde de conséquences, renvoie au précédent de 2020, lorsque la candidature controversée d’Ouattara pour un troisième mandat avait déclenché des violences meurtrières et ravivé les plaies de la crise post-électorale de 2010.

  Un retour sur promesse ?

L’opposant rappelle qu’en 2020, le chef de l’État avait annoncé son retrait de la vie politique, déclarant vouloir passer le flambeau à une nouvelle génération. Une décision annulée après le décès brutal de son dauphin désigné, Amadou Gon Coulibaly, présenté à l’époque comme un « cas de force majeure ».

Mais cette justification ne saurait, selon Affi, être invoquée une nouvelle fois : « En 2025, il ne peut y avoir de cas de force majeure. Alassane Ouattara doit se retirer pour que la Côte d’Ivoire respire. »

Pour le président du FPI, ce n’est pas seulement le respect des textes qui est en jeu, mais l’essence même de la démocratie ivoirienne : l’alternance. « Cela fait 15 ans que cela dure », rappelle-t-il, pointant une usure du pouvoir et une volonté de changement grandissante au sein de la population.

Malgré les clivages internes, Affi N’Guessan se veut rassurant sur la capacité de l’opposition à faire front commun face au pouvoir en place. Interrogé sur une éventuelle fragmentation, il relativise : « Ensemble, nous allons travailler à imposer des conditions électorales satisfaisantes pour que l’alternance soit possible. »

Il évoque un engagement collectif en faveur d’un scrutin apaisé et crédible, condition sine qua non pour sortir la Côte d’Ivoire d’un cycle de tensions post-électorales devenu presque systématique.

Une stabilité illusoire

À la rhétorique officielle d’un pays stable, Affi N’Guessan oppose une lecture plus nuancée. Il refuse l’équation entre stabilité et absence de conflit armé :

« La stabilité, ce n’est pas simplement l’absence de guerre. C’est l’assainissement de la situation, l’apaisement des tensions, tant à l’intérieur qu’avec nos voisins. »

Selon lui, la Côte d’Ivoire vit dans une accalmie précaire, rythmée par des accusations récurrentes de déstabilisation et des tensions latentes. Un climat qui, à ses yeux, pourrait basculer à tout moment si des garanties démocratiques ne sont pas rapidement apportées.

À l’approche du scrutin présidentiel de 2025, la Côte d’Ivoire semble donc à la croisée des chemins. Entre les aspirations profondes à une alternance démocratique et les incertitudes liées aux intentions réelles du président sortant, les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir politique du pays. Pascal Affi N’Guessan, lui, a choisi son camp : celui du respect des textes, de la transparence électorale, et de la respiration démocratique.

Christ Yoann pour ICI1FO

Quelle est votre réaction?
Love
0
Haha
0
Sad
0
Cry
0
triste
0

ICI1FO.COM c’est plus de 2 Millions visites ! 

Partagez sur

Articles similaires

Nos vidéos

Search

Catégories

©  ici1fo – crée par kabefo