Côte d’Ivoire : Pour une meilleure année scolaire réussie, voilà les astuces du Dr Oussou Kouamé Rémi

Visiteurs: 0

Infos à la une

Dernières Infos

Commentaire

Visiteurs: 0

ICI1FO.COM c’est plus de 500 000 visites !

Dans une interview accordée, le sociologue anthropologue Dr Oussou Kouamé Rémi, enseignant à l’université Alassane Ouattara de Bouaké, a donné via ICI1FO.COM des astuces aux élèves et étudiants le lundi 2 octobre 2023 pour une rentrée scolaire réussite face aux différents échecs des élèves et étudiants.

1. Nous entamons une nouvelle année scolaire, quelles sont vos propositions pour une année réussite ? Je vous remercie pour la question qui d’ailleurs est extrêmement importante.

Je suppose que lorsque vous parlez d’une année réussie, vous parler non seulement d’une année sans crise ni perturbations d’aucune sorte mais encore d’une année où les élèves et étudiants vont recevoir un enseignement de qualité.
L’atteinte de cet objectif incombe en grande partie aux autorités éducatives qui, non seulement, doivent mettre en place une stratégie didactique, si elle n’est déjà faite, qui soit fondée sur une approche constructiviste combinée à des « dispositifs pédagogiques créant des situations d’apprentissage fécondes » pour les apprenants, mais encore doivent faire en sorte d’éviter les perturbations, à l’exemple des grèves qui ont un effet démotivant indéniable pour tous les acteurs, sans mentionner le suivi et l’évaluation des cours, notamment au primaire et au secondaire.

Pour autant, les élèves et étudiants ainsi que leurs parents ont également leur partition à jouer en ce sens que chaque entité doit prendre conscience que le projet éducatif est un projet commun et qu’il n’est pas seulement l’affaire de l’Etat. En d’autres termes, les parents doivent constamment communiquer avec leurs enfants et leurs prodiguer des conseils afin que ces derniers sachent qu’il y va de leur avenir et de leur future insertion professionnelle et qu’à ce titre, ils doivent impérativement prendre leurs études très au sérieux.

C’est d’ailleurs le thème de l’année scolaire 2023-2024 : << Soyons des citoyens responsables pour une école de qualité >>.

2. Vous venez de mentionner le concept d’éducation de qualité. Selon vous, qu’est-ce qu’une formation de qualité ?

Une formation de qualité pourrait se définir grosso-modo comme<< une éducation élargie aux compétences transversales>>. Il s’agit non seulement d’enseigner à l’apprenant des connaissances à la fois générales et spécifiques mais aussi lui permettre de élèves, leur permettent de << tisser leurs relations avec les autres, de réfléchir avec discernement et de s’ouvrir aux enjeux du monde. Celles qui favorisent l’inclusion entre eux et développent un climat de paix entre eux, exempt de violence.

En termes plus pratiques, une éducation de qualité est celle qui contribuera à la préparation de l’apprenant à ses futurs rôles professionnels. Il est arrivé à tous de se plaindre de la dégringolade du niveau scolaire en Côte d’Ivoire depuis le début des années 90 et que, pour cela, des mesures vigoureuses soutenues par d’importants investissements ont commencé à être prises dernièrement, en vue de retrouver que ce système avait dans les années 70 et 80.

Toutefois, il ne faut pas se faire d’illusion, car si on part du principe que le système éducatif est un << système d’action complexe et intimement imbriqué à la société >>, alors il va sans dire que parler d’efficacité demeure une << tâche très difficile, qui prendra des générations>>. Qu’à cela ne tienne ! Chaque effort que chaque acteur, à son humble niveau, fournit nous rapproche de cet idéal éducatif auquel nous rêvons, le plus important étant de ne jamais relâcher ces efforts.

À ce propos, on attend beaucoup des recommandations des Etats généraux de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (EGENA) dont la mise en application contribuera, à coup sûr, à donner un coup de fouet à l’amélioration de ce système.

3. Vous avez des conseils à donner aux enseignants, si oui lesquels ?
Oui, bien entendu, les enseignants étant l’une des plus grosses parties prenantes du système éducatif, ils sont extrêmement importants dans le dispositif éducatif.

À ce titre, je voudrais leur dire que le métier d’enseignant est un sacerdoce, c’est-à-dire une <<  fonction qui présente un caractère particulièrement respectable en raison du dévouement à l’égard d’autrui qu’elle exige >> ; c’est-à-dire qu’on doit aller par vocation ou par amour. Je comprends que nécessité faisant loi à cause du chômage, du sous-emploi et de l’emploi précaire des diplômés, plusieurs s’improvisent, aujourd’hui, enseignants, mais en le faisant, ce n’est pas à eux-seuls qu’ils font du mal, puisqu’ils ne seront pas motivés pour ce travail, mais à plusieurs générations d‘apprenants. Si on fait le point sur le nombre d’années que ce type d’enseignants passe dans le système, on se rend facilement compte du nombre d’apprenants sacrifiés. Alors, s’il y a un seul conseil que je pourrais leur prodiguer, c’est de s’efforcer d’abord et avant tout d’être de bons enseignants en se focalisant, soit sur les perspectives de carrière de ce corps de métier, c’est-à-dire évoluer pour accéder à des niveaux hiérarchiques plus élevés avec de meilleurs traitements, soit sur leur futur reconversion dans le rôle professionnel qu’ils avaient imaginé jouer au départ. De toute manière, il est non-négociable qu’un enseignant, pour régler son problème d’emploi, sacrifie des générations et des générations d’enfants.

4. Un message à l’endroit des parents d’élèves également des étudiants et élèves.
Si je dois m’adresser aux parents d’élèves et d’étudiants, je dirais que les parents doivent éviter la pression à leurs enfants pour leur faire faire ce qu’ils n’ont pas pu réaliser eux-mêmes. Il n’est pas rare pour certains parents d’exiger de l’enfant qu’il exerce tel ou tel métier considéré comme plus prestigieux alors même que celui-ci n’en a ni la vocation, ni les capacités. Il n’y aucun mal pour un parent à vouloir que son enfant embrasse une profession socialement mieux vue, mais il ne lui sert à rien de le forcer s’il ne ressent rien pour ce domaine. Le rôle du parent, au lieu d’être coercitif, doit plutôt être celui de l’accompagnement et du conseil.

Pour le reste, au-delà de veiller à son bien-être psycho-social général, il doit veiller à ce que l’enfant, surtout, révise ses leçons avant d’aller au lit. En outre, suivre la progression scolaire et universitaire de son enfant et au besoin être en contact permanent avec les responsables d’établissement de son enfant, afin de suivre sa progression et de prendre des mesures correctives immédiates en cas de nécessité.

Pour ce qui est des élèves, cela revient à ne pas rater son année et implicitement avoir de bonnes notes. Alors, il faudra bénéficier d’un bon environnement de travail, faire preuve d’assiduité, laisser un peu de place au jeu et prendre de bonnes habitudes de sommeil.

Enfin, quant aux étudiants, au-delà des aspects pratiques comme être assidu aux cours, s’entrainer à prendre des notes et faire des fiches pour les révisions, il faudra s’organiser, car l’université est différente du lycée ou du collège, se fixer des objectifs professionnels, élaborer un projet professionnel personnel, en vue de son s’insertion professionnelle future ; cela nécessite de réseauter en prenant part à des activités extracurriculaires ou professionnelles, faire des formations complémentaires, quel que soit son champ d’études, et rechercher des opportunités d’apprentissage expérientiel à travers les stages, le bénévolat, le volontariat et l’alternance, etc. de sorte à faciliter sa transition vers le monde du travail.

Yaodemi pour ICI1FO

Quelle est votre réaction?
Love
0
Haha
0
Sad
0
Cry
0
triste
0

ICI1FO.COM c’est plus de 2 Millions visites ! 

Partagez sur

Articles similaires

Nos vidéos

Search

Catégories

©  ici1fo – crée par kabefo