Burkina Faso : Devant le Tribunal pour viol : Saint-Valentin là, si vous ne sortez pas avec un garçon, vous allez mourir? », fustige le procureur

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Nés entre les années 2000 et 2001, C et S, comparaissaient devant le TGI de Ouagadougou le 23 mars 2021 pour des faits de viol sur deux adolescentes de 15 et 16 ans. Tout serait parti «d'un plan», organisé le 14 février 2021 pour fêter la Saint-Valentin.

La nuit du 14 février 2021, ces jeunes qui se retrouvent aujourd'hui au palais avaient prévu de fêter leur Saint-Valentin en organisant «un plan» qui selon leurs explications consistaient à entretenir des relations sexuelles avec leurs copines. Ainsi, c'est avec A, copine de C, qu'ils ont convenu au téléphone qu'elles devraient venir avec deux de ses amies pour qu'ils exécutent leur «plan».

Partis du quartier Marcoussi, au départ trois jeunes hommes avec chacun leur copine, ces jeunes vont commencer leur célébration de Saint valentin dans un restaurant, puis dans une chicha store avant de se retrouver devant le domicile de C. Sur les lieux, C qui avaient déjà convenu avec A de leur «plan», entend qu'il soit exécuté maintenant.

 Mais à sa grande déception, les trois adolescentes se rétractent et disent ne plus être d'accord. C, se met alors en colère et menace les filles de les laisser marcher à pieds pour rentrer si elles ne cèdent pas. Pendant ce temps, G, un des trois jeunes hommes décide de partir, (ses parents l'ont sommé au téléphone de rentrer à la maison).

Restés deux garçons avec trois filles, C fait alors appel à son ami S, co-accusé avec lui à la barre, pour remplacer G. Tenant mordicus à la réalisation du «plan», C et ses deux amis vont se disperser en remorquant chacun une fille. De là, deux seront violées; «il m'a emmenée dans une maison et a fermé la porte à clé. Il m'a proposé de coucher avec lui, j'ai refusé et il a dit que si je n'accepte pas, il peut me faire du mal», témoigne l'une d'elles. Seule A, sera épargnée parce qu'ayant dit que son père est gendarme.

Dans ses réquisitions, le procureur ne manque pas de faire cette observation aux jeunes filles, «Saint-Valentin là, si vous ne sortez pas avec un garçon, vous allez mourir? Vous vous êtes même voilées pour sortir en mentant à vos parents que vous partez à un mariage. Vous avez eu de la chance, ils vous ont violées mais s'ils vous avaient tuées?». Quant aux deux prévenus, le ministère public leur lance; «au delà de l'aspect pénal, humainement, je me pose la question. Où allons-nous si un jour ce sont des gens comme vous qui devrez diriger notre pays?». En ce qui concerne les faits, le ministère public a requis la peine de 60 mois de prison dont 36 fermes, une amende de 250 000 ferme contre C et celle de 60 mois dont 24 fermes, une amende de 250 000 ferme contre S.

Le Tribunal les a condamnés chacun, à 36 mois de prison plus une amende d'1 million, le tout ferme.

Ira Korotimi pour ICI1FO

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