Étiquette : DGI

  • Côte d’Ivoire : Séminaire bilan de la DGI, Ouattara Sié vise les 6 000 milliards de recettes en 2026

    Côte d’Ivoire : Séminaire bilan de la DGI, Ouattara Sié vise les 6 000 milliards de recettes en 2026

    La Direction générale des impôts a tenu ce vendredi 23 octobre 2026 son séminaire bilan du troisième trimestre 2026 autour du thème du contrôle fiscal. À cette occasion, le Directeur général, Ouattara Abou Sié, a présenté les résultats de ses services et fixé le cap pour la fin d’année. Pour le troisième trimestre, l’objectif de recettes était de 1504,4 milliards de francs CFA, contre 1248,7 milliards réalisés à la même période en 2025, soit une progression attendue de 20,47%. Les réalisations se chiffrent à 1476,4 milliards, soit un taux de réalisation de 98,12% et un écart négatif de 28,16 milliards. Comparées au troisième trimestre 2025, elles affichent une hausse de 227,54 milliards, soit 18,22% de progression.

    Sur les trois premiers trimestres cumulés de 2026, l’objectif s’établissait à 4489,4 milliards de francs CFA, arrondi à 4490 milliards par la direction, pour des réalisations de 4469,16 milliards, soit un écart de 20,23 milliards et un taux de réalisation de 99,5%. Par rapport à fin septembre 2025, la progression est de 18,88%, soit plus de 708 milliards supplémentaires. Malgré la non-atteinte intégrale de l’objectif, le Directeur général a salué une performance quasi réussie et pris l’engagement, au nom de l’ensemble de ses collaborateurs, de franchir la barre symbolique des 6000 milliards d’ici la fin de l’année, alors que l’objectif officiel est fixé à 5890 milliards. Il a rappelé que l’effort restant à fournir au quatrième trimestre s’annonce important et a appelé chaque service à mesurer l’ampleur de la tâche.

    Le choix du thème central, « Bilan du contrôle fiscal : résultats, difficultés et propositions d’amélioration », a été justifié par le rôle central de cette activité dans le système déclaratif. Ouattara Sié a souligné que le contrôle fiscal, s’il est bien exécuté, garantit le respect de la légalité, assure l’équilibre entre les pouvoirs de l’administration et les droits des contribuables et participe à l’appréciation de la fraude au regard d’un taux de pression fiscale encore en deçà du potentiel. Il a indiqué que la programmation du contrôle repose désormais sur des outils d’analyse des risques pilotés par la Direction des enquêtes, du renseignement et de l’analyse des risques, et non plus sur les propositions des services gestionnaires, avec une coordination centralisée pour éviter tout chevauchement perçu comme du harcèlement fiscal. Il a également évoqué la transformation des anciennes brigades de contrôle ponctuel en brigades de vérification générale à compétence polyvalente et l’augmentation du nombre de vérificateurs, jugé toutefois encore insuffisant.

    Le Directeur général a insisté sur le lien entre qualité du contrôle fiscal et amélioration du civisme fiscal, un contribuable contrôlé étant amené à corriger ses déclarations futures, ce qui impacte positivement les recettes. Il a néanmoins reconnu que le contrôle fait l’objet de nombreuses récriminations et a dit avoir été interpellé à plusieurs reprises par le ministre sur son environnement, invitant les participants à en débattre sans détour pour restaurer la crédibilité de l’administration.

    Représentant le ministre Adama Coulibaly, le Directeur de cabinet adjoint, Vassogbo Bamba, a transmis les salutations du ministre et présenté ses condoléances suite au deuil ayant frappé le département ministériel. Il a salué des réalisations relativement satisfaisantes, notant l’amélioration du taux de réalisation passé de 94,8% à fin septembre 2025 à 99,5% à fin septembre 2026. Il a estimé atteignables les prévisions du dernier trimestre évaluées à 1531 milliards de francs CFA, en hausse de 55 milliards par rapport aux réalisations du trimestre précédent, à condition de redoubler d’efforts.

    Il a replacé les enjeux dans le cadre du PND 2026-2030, dont le financement global de 114 838,5 milliards doit être assuré à 30% par les marchés financiers et les recettes fiscales. Parmi les axes préconisés figurent la réforme du cadastre pour améliorer le rendement de l’impôt foncier, la fiscalisation des secteurs peu ou pas fiscalisés et du secteur informel, le renforcement des opérations de contrôle, la taxation systématique des défaillants sur les impôts leaders que sont la TVA, le BIC et la patente commerçants, ainsi que la mise en œuvre d’actions de coercition en matière de recouvrement et l’effectivité de la facture normalisée électronique. Il a conclu en indiquant que les conclusions du séminaire sur l’efficacité, la conformité des pratiques et la gestion des plaintes sont hautement attendues par le ministre, avant de déclarer ouverts les travaux du séminaire bilan du troisième trimestre et perspectives du quatrième trimestre 2026.

    Roméo Kouadio à Abidjan pour ICI1FO