Le dimanche 25 février, Aaron Bushnell, jeune soldat de l’US Air Force, s’est immolé par le feu devant l’ambassade d’Israël à Washington.
« Je suis sur le point de m’engager dans un acte de protestation extrême », a-t-il dit calmement dans une vidéo largement diffusée sur internet, alors qu’il marchait vers l’ambassade. « Mais comparé à ce que les gens ont vécu en Palestine aux mains de leurs colonisateurs, ce n’est pas du tout extrême. C’est ce que notre classe dirigeante a jugé normal ». ajoute-t-il.

Le matin même, il avait envoyé un e-mail à des journalistes annonçant : « Aujourd’hui, je prévois de me lancer dans un acte de protestation extrême contre le génocide du peuple palestinien » et que l’événement serait diffusé en direct.
Juste avant de s’asperger d’essence, il a déclaré que « Je ne serai plus complice du génocide » et, une fois en feu, il a crié à plusieurs reprises « Free Palestine ».
Nous ne diffusons pas la vidéo montrant son calvaire insoutenable. Mais on y voit un policier hurler «get on the ground» – «reste à terre» – en braquant son arme à feu, sans lui venir en aide, alors que le jeune homme est en train de brûler vif. Signe de l’infinie stupidité et de l’inhumanité de la police états-unienne. D’autres hommes accourent et tentent d’éteindre le feu avec des extincteurs.
Ce lundi 26 février 2024 matin, ICI1FO.COM apprend de source sécuritaire que Aaron Bushnell est déclaré mort. Son sacrifice terrible rappelle celui de Jan Palach, un jeune étudiant Tchèque né en 1948, qui s’est immolé à l’age de 20 ans à Prague, le 19 janvier 1969, pour protester contre la dictature soviétique.
C’était à la suite du Printemps de Prague, source d’un grand espoir de démocratisation. Son martyre avait provoqué une onde de choc mondiale, de grandes manifestations, et un souvenir toujours vivant en République Tchèque. En sera-t-il de même pour le geste désespéré du soldat nord-américain ?
Pierre le Blanc pour ICI1FO